La ministre du Logement souhaite la contribution de l’Église catholique pour héberger les sans-abris cet hiver. Elle espère bénéficier de l’appui de l’archevêché de Paris pour les accueillir si les 19.000 places retenues s’avèrent insuffisantes. Ce plan entre dans un programme renforcé, avec 50 millions d’euros pour cette année.

L’Eglise et les sans-abris

En prévision de l’hiver et pour aider les sans-abris, la ministre du Logement entend mettre en œuvre un plan de réquisition des bâtiments vides. Ils appartiennent à des personnes morales comme les compagnies d’assurance, les banques et les entreprises. Mais l’Église est également dans le collimateur de Mme Duflot qui recense des édifices inoccupés, propriétés de l’archevêché de Paris. Elle sollicite celui-ci afin de pouvoir utiliser les locaux en question.

Selon un membre de la direction générale des affaires économiques (DGAE), il s’agit de propriétés de quelques congrégations religieuses qui « dépendent directement du Vatican » et non du diocèse de Paris. L’accueil des sans-abri est effectué par des bénévoles dans 25 paroisses à Paris, selon toujours les propos du même interlocuteur. D’après le prêtre du diocèse de Versailles, de nombreuses paroisses parisiennes recueillent déjà des personnes dans le besoin. À l’initiative du Secours catholique, les locaux de six paroisses situées en Seine-Saint-Denis vont être mis à la disposition des nécessiteux. La DGAE estime le patrimoine de l’Association diocésaine de Paris (ADP) à une « trentaine d’églises et de bâtiments ». Elle souligne par ailleurs que quelque 70 églises construites avant 1905 et 40 presbytères sont la propriété de la Ville de Paris.

Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry, suggère que l’État donne l’exemple et que ce soit le ministère du Logement qui met à la disposition des sans-abris ses salles de réception et ses bureaux. Camille Bedin, secrétaire nationale de l’UMP à l’égalité des chances, souligne que Madame Duflot ne trouve pas de réponses à ce problème récurrent et qu’elle ne fait que gesticuler et faire des coups de publicité.