Point mort ou marche arrière ? Cécile Duflot a depuis longtemps milité pour utiliser une taxe pour financer la garantie universelle des loyers. Avec la pause fiscale en vigueur, le flou s’installe autour du financement de cette garantie, ce qui fait couler beaucoup d’encre chez les opposants du projet.

L’important est de définir l’enveloppe budgétaire, affirme le ministère

L’une des plus grandes mesures de la loi Alur, la GUL a récemment été votée en première lecture devant les élus. Toutefois, très peu, tant dans le camp des propriétaires que celui des locataires, ont manifesté leur soutien à ce texte depuis sa présentation. Cela est sans nul doute  du aux imprécisions inhérentes aux modalités du financement de la GUL. En effet, propriétaires comme locataires ne semblent pas d’accord avec cette taxe qui serait répartie entre les deux parties.

Mais depuis que le Président de la République a décidé de faire une pause fiscale, l’idée de cette taxe – si chère à Madame Duflot – est remise en question. Le ministère semble vouloir relativiser ce retour en zone en affirmant que l’important est de définir clairement l’enveloppe budgétaire et que le gouvernement avait encore jusqu’à la fin 2015 pour ce qui est du reste, étant donné que la GUL n’est prévue entrer en vigueur qu’en 2016. Le ministère, qui estime cette enveloppe budgétaire entre 700 et 800 millions d’euros par an, semble donc vouloir avancer vers un financement étatique.

Le principe de la GUL menacé

Le président de Century 21 France, Laurent Vimont ne voit pas comment l’État pourrait assumer cette nouvelle charge.

Quant au président de l’Union nationale de la propriété immobilière Jean Perrin, il regrette le fait que le gouvernement se contente de repousser le problème, sans avouer que tôt ou tard, la solution sera le financement de cette taxe. Il ajoute également que selon lui, l’assurance peu chère annoncée cache une taxation qui ne sera annoncée qu’en 2016.

Même Laure Bourguoin, membre de l’association de défense des consommateurs – qui pourtant est toute acquise à l’idée de supprimer la taxe- ne semble pas transportée de joie, car elle ne voit rien de concret se profiler à l’horizon. Pour elle, les atermoiements de la ministre ne font que démontrer que cette dernière ne possède pas son sujet.